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15 mars 2008

Ce n'est que le début...

C'est parti !

Et encore un week-end au final angoissant qui débute, et qui en plus commence très mal avec trois gastros déclarées et un seul épargné (moi) pour l'instant sous notre toit, arf ! Je prédis une montée en puissance des irrémédiables symptomes demain vers 19h.

La meilleure raison de ne pas acheter de nems donc (car, et je me répète, il est une habitude chez nous de se régaler les soirs d'élections avec les meilleurs nems du monde).

Mais bon avant tout ce méli-mélo dramatico-dominical annoncé, France-Galles à 18h et The Kills et Gossip au Bikini ce soir (hum, nuit agitée, nuit ensoleillée...)...

 

Alors demain sera un autre jour. 

 

 

 

 
Frankie Valli And The Four Seasons (Pilooski edit)
Beggin' (2007) 

 

 

Commentaires

Bon weekend !!!
On va gagner, les doigts dans l'nez !!!
(Ben quoi, on va bien gagner quelque chose, entre le match et les municipales, non ?)
;-)

Écrit par : adrien (de rien) | samedi, 15 mars 2008 11:56

Quand je suis loin d’ici, on me dit : Toulouse ! cette ville de ciel bleu permanent, douce et tolérante, on me dit : Ah Toulouse ! ô Toulouse…et parfois même à cause de mon accent on me dit… Marseille ! Je réponds non ! Toulouse. Ah cet accent mon passeport. Cet accent rigolo comme ils disent m’a fait aimer ma ville puisqu’il fait tant sourire et s’il ne nous fait pas rire nous tous les jours puisque nous l’avons tous …ou presque, il donne l’envie d’en être.

Pourtant …. J’ai grandi dans une ville sous la dynastie d’un petit prince aux bleus qui a eu peur de moi… longtemps, parce que j’étais différent, différent par mon nom, mon origine et mon air de vouloir en découdre, sans doute aussi parce que j’étais pauvre par mes parents et qu’ils l’étaient plus encore par leur chagrin. Ils ont échoué là dans la ville rose d’un exil pas choisi, d’un exil qui ne les a jamais rendu plus riches ou plus cultivés et pour vous dire la vérité , ils sont restés jusqu’au bout les bêtes de somme qu’ils ont toujours étés.

J’ai grandi en colère parce que mes parents n’ont pas accepté que nous le restions. Ils se sont juste jurés de nous faire avaler à mes six frères et soeurs et à moi l’alphabet de Molière …par tous les pores. Digestion faite je me suis fais moins méchant mais j’ai gardé un peu de braise parce qu’il nous semblait …à moi et mes semblables qu’une injustice se préparait à nous faire la peau si nous redressions pas la tête, si nous nous engagions pas. J’ai passé quarante ans dans une ville, cette grande soeur qui a eu peur de ses petits frères, Empalot, les Izards, Bagatelle, le Mirail et d’autres plus petits encore.

Cette ville je me rappelle a eu peur de moi comme une mère à peur de l’enfant de trop, et bien que dans son ventre elle s’imagine qu’il ne va pas arriver, qu’il finira par se dissoudre dans je ne sais quelle alchimie de la physique et de l’imaginaire et puis cet enfant arrive et passe son temps à chercher d’improbables abris. Cet abri beaucoup ne l’ont pas trouvé, d’autres comme moi ont eu plus de chances.

Je le répète… Cette ville a eu peur de moi comme j’ai eu peur d’elle et je n’ai eu de cesse de combattre cette peur en moi qui m’empêchait de lui dire combien je l’aimais car je l’ai aimé …. Je l’ai aimé parce que ça et là j’ai rencontré des gens, femmes, hommes, jeunes et moins jeunes qui m’ont parlé de leurs propres peurs de se sentir différent, et du combat qu’ils menaient contre elles.

J’ai rencontré des gens qui bien souvent sont plus venus à moi que moi à eux. Ils avaient mieux combattu sans doute leur propre peur, peut-être ont-ils été mieux armés pour affronter l’adversité. J’ai rencontré des gens oui dans cette ville qui m’ont parlé de la ressemblance qu’il pouvait y avoir entre ceux qui souffrent et ceux qui ont moins souffert, qu’ils pouvaient défendre un idéal commun … Noirs et blancs, gens de la ville, de la cité, de la campagne, femme ou homme pouvaient avoir un même idéal, imposer l’humain au porte monnaie.

J’ai rencontré des gens, c’est vrai souvent des femmes qui m’ont parlé d’une ressemblance qui effaçait la couleur de peau, le sexe, l’origine, la religion, elles parlaient de fraternité. Elles m’ont parlé de l’égalité à pas être pareils avec ou sans papiers. De la possibilité d’être ensemble sans y perdre sa singularité. Elles m’ont dit que j’étais ici chez moi et qu’elles n’avaient, elles, de raison d’en être si nous ne devions pas tous et toutes en être.

J’ai rencontré des gens qui m’ont fait toulousain bien plus que je ne l’étais déjà. Ils m’ont fait français quand je pensais que je l’étais déjà trop. Ils m’ont fait comprendre que toulousain, occitan, français, que sais je …c’était une idée plus qu’une apparence ou un bout de papier. C’était une appartenance au genre universel, à l’idée d’humanité quand elle essaie de redonner sa dignité à quiconque souffre de ne pas en être empreint.

J’ai rencontré des gens dans cette ville pour qui la différence était un privilège, ils m’ont armé du goût des autres, ils ont éteint une rancune chez moi longtemps retenue, ils m’ont fait une place et si tous les exclus n’ont pas eu ce privilège qui est le mien il est aujourd’hui de mon devoir de leur dire que quelque chose est possible qui fasse une famille, une grande famille toulousaine si ce n’est le genre humain tout court. Pas à pas, petit à petit, je me suis senti appartenir à une ville et j’ai plus tard agrandi l’espace.

Voilà… j’ai rencontré des gens, tout simplement des gens et tous ces gens et ben… c’était des gens de gauche.

De toutes les gauches c’est vrai encartées ou pas, énervées ou plus sages et à chaque élection de quelque niveau quelles soient je les rêve réunis… Dimanche ce sera peut-être chose faite dans le doux secret de l’isoloir car au-delà des slogans c’est sa conscience propre qui parlera. Je le dis à mes amis de Motivé-e-s, de l’autre liste, de la ligue, je leur dis solennellement, une chance historique nous est proposée de faire de Toulouse une cité exemplaire moderne et métisse : ne la ratez pas !

Voilà pourquoi je suis parmi vous quelque soient vos affinités progressistes, vos tendances et l’empressement à voir Toulouse à gauche avec à sa tête, comme dit la chanson mon ami mon frère Pierre Cohen.
(Magyd Cherfi)
http://www.magydcherfi.com/

Écrit par : Maghnia | samedi, 15 mars 2008 13:25

 
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